Conil de la frontera, village côtier Océanique, a toujours été et est toujours, dans les faits et dans l'âme, un village de pêcheurs. Il existe d'ailleurs au nord du vieux village le quartier des pêcheurs (barrio de los pescadores) où les étroites rues sinueuses portent les poétiques noms des poissons de la région.

De nos jours, dans la région, la notion de pêche recouvre plusieurs réalités distinctes. On peut différencier la pêche de loisir et la pêche professionnelle.

La pêche de loisir

Une pêche de passionnés qui traquent le bar et la dorade du bord de la plage. Certains sont des champions aux prises miraculeuses et ne se déplacent jamais sans les photos de leurs dernières prises sur leur téléphone mobile. Ils aiment la pêche au point que la plupart partagent leur passion avec l'étranger qui passe ou celui qui s'installe et se réjouissent de leur petites réussites de débutants volontaires.

On trouve plusieurs façon de pêcher, les principales sont à fond depuis la plage (le surf casting), le lancer depuis la plage (spinning) et la pêche depuis un kayak.

La pêche professionnelle

On peut diviser la pêche professionnelle en deux secteurs bien distincts

L'almadraba

Activité ancestrale. C'est une fois par l'an la pose de l'almadraba, un gigantesque filet de 8km de long, labyrinthe dans lequel les énormes thons rouges en migration vers la Méditerranée viennent s'emprisonner. Quand les quotas sont atteints les bateaux partent pour la 'matanza'. Le thon rouge est devenu une activité trés lucrative mais aussi très réglementée. La coutume veut que le 1er thon pêché soit pour le village, plus précisément pour la vierge de Carmen, patronne des pêcheurs. Les suivants sont tous vendus et exportés, la plupart vers le Japon. L'almadraba

La flotte de pêche

La pêche professionnelle c'est aussi et encore de petits patrons pêcheurs, qui ont leur embarcation dans le port de Conil, qui partent chaque matin (chaque nuit d'ailleurs puisqu'on parle de 3h du matin) et résistent comme ils peuvent à la concurrence de l'industrie de la pêche. Ils pêchent avec de 'petits' filets et un peu à la palangrotte pour utiliser le temps d'attente. J'ai lu quelque part qu'il y aurait une soixantaine de bateaux en activité. Tous les jours, deux fois par jour, au retour de leur pêche, ils vendent leur prises au port. C'est un marché de professionnels dont on ne comprends pas bien le déroulement quand on ne connait pas, mais auquel on peut assister. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire les jeunes continuent ! C'est ça le bonheur dans traditions à Conil et on espère que cela durera encore longtemps !