Relativement récent, puisque construit dans les années 80, le port de pêche est pourtant devenu un de ces endroits où l'on ressent fortement une des réalités du village de Conil de la frontera : sa relation fusionnelle avec la mer. Bien abrité dans une crique naturelle derrière le cap Roche, sous le phare et à l'embouchure de la rivière du même nom, le port est blotti entre la crique de Roche et celle de l'huile (Cala del aceite). Il abrite à la fois une flotte de pêche artisanale mais s'ouvre également aux activités nautiques touristiques avec un club de kayak et quelques unités sportives ou de plaisance.

C'est un livre ouvert sur le passé et le présent, on peut y voir les bateaux de l'almadraba quand c'est la saison et les bateaux de pêche artisanale de la zone toujours en activité.  Les quais, accessibles à pieds, sont un lieu magique ou les bateaux racontent, ils racontent la dureté du travail, les peines et les joies, les épisodes épiques de leur vie maritime. Et ce que ne vous disent pas les bateaux, toute la tradition orale du port, toutes ces anecdotes si belles à écouter et si significatives d'une époque et d'un lieu, les pêcheurs se feront un plaisir de vous les enseigner, en échange de seulement ... un peu de temps. Des bars pour le moins typiques sont des lieux fantastiques où l'on peut déguster des poissons, frais il va sans dire tout en écoutant les conversations au fort accent Andalou, une sorte de Vieux Port de l'époque de Pagnol.

Deux fois par jour, lorsque les bateaux peuvent sortir car il y a parfois trop de vent, à lieu l'arrivée, le déchargement et la vente du poisson. L'achat est réservé au professionnels habilités mais le spectacle est très intéressant.

Avant le parking à l'entrée du port, en venant du nord, le long de la rivière Roche vous pourrez observer, quand ils ne sont pas utilisés, un grand nombres d'ancres, posés là comme si on n'avait pas su où les mettre et qu'en faire. En fait ceux sont eux qui permettent chaque année de fixer les filets de l'almadraba de Conil. La préparation de l'almadraba qui débute début février est une bonne période pour visiter le port car employant environ 80 personnes elle dynamise le port.

Derrière les ancres c'est l'embouchure de la rivière Roche. En remontant de quelques métres vous verrez un espéce de barrage en pierres sur la petite rivière. Ce barrage (Azud) à été crée suite à la construction du port pour protéger un espèce de poisson d'eau douce appelé Salinete (au jour d'aujourd'hui je ne connais pas la traduction Française). Ce poisson est voie de disparition car avant la création du port, des bancs de sables se créent naturellement et protégés la rivière de l'entrée trop importante d'eau salée lors des marées et de l'entrée de carnassiers venus de la mer. Le barrage joue ce rôle. A noter qu'une promenade est possible en logeant la rivière vers le lotissement Roche.

La vue du port est spectaculaire, au premier plan les falaises de Conil et leurs criques, ensuite le village lui même, au loin la plaine d'El Palmar avec sa tour solitaire et à l'horizon, les jours de beau temps, les côtes du Maroc.